...et déjà je commence à trouver ça pénible. La viande me manque, même si j'en mange assez peu d'habitude. Enfin, quand j'étais enfant catholique vivant dans un monde primitif, je me privais de chocolat, ce qui est bien pire, de dire ma femme. Je le crois aussi. Je ne sais pas comment je faisais pour me priver de chocolat pendant quarante jours (quarante!), moi qui ai toujours eu une dent sucrée. Je ne comprends pas non plus ce qui m'avait poussé à m'en priver. Pour la viande, je ne peux pas me défiler, hélas: j'ai promis à ma femme. Or, elle est végétarienne et par conséquent dotée de principes beaucoup plus éthiques que n'importe quel théiste. En me privant de viande, je ne suis plus coupable de la mort de vaches, veaux, moutons, couvées... pour quarante jours. Enfin, essayon

s de voir la vie du bon côté: je n'ai plus à me priver de sucreries. À gauche, la crêpe (avec bananes et sauce au chocolat) que j'ai mangée le matin du Mercredi des Cendres. Ca peut sembler un peu décadent pour se mortifier, mais c'était une crêpe faite la veille et je ne pouvais tout de même pas la jeter. C'était
quand même des restes.
Cela dit, le Carême de cette année une période de petites souffrances volontaires comme involontaires. En effet, je suis allé hier à une entrevue (pour une job très ordinaire) et donc j'ai porté mes souliers des grands jours, lesquels sont très inconfortables. Mes pieds me font encore souffrir aujourd'hui. Au moins, je n'aurai pas à endurer ça pendant quarante jours.