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Friday, 30 October 2020

Le référendum a 25 ans

 Je me devais de le souligner, même si à ma grande honte de l'ai quasiment oublié, avec l'Halloween qui s'en vient et la pandémie: c'est le 25e anniversaire du référendum de 1995. J'ai voté pour la première fois et j'ai voté oui. C'est donc un triste anniversaire. Pour mes souvenirs, lisez ce billet de 2015. ce fut quand même le dernier grand moment exaltant de l'histoire québécoise, à défaut d'avoir été conclusif.

Thursday, 8 November 2018

RIP Bernard Landry

Comme vous le savez sans doute, Bernard Landry est mort. Ça m'a attristé. Je l'ai rencontré deux fois dans ma vie. La première, c'était quelques mois avant le référendum de 1995, à l'instigation d'un ami. Landry, alors vice premier ministre dans le gouvernement Parizeau, avait fait une petite conférence à l'Hôtel le Montagnais. Il n'a jamais été le grand tribun qu'était par exemple Lucien Bouchard, mais il savait tout de même manier le verbe et mettre les partisans en confiance. La deuxième fois, c'était deux ans environ après sa défaite électorale, alors qu'il était chef de l'opposition, dans les mêmes circonstances, mais à Montréal. Encore une fois, il avait livré un bon discours, avec juste ce qu'il fallait de combativité. Je ne m'étais pas rendu compte à l'époque de tout ce qu'il représentait et qu'il allait représenter au moment de sa mort: l'un des premiers et des derniers grands souverainistes et peut-être l'un des derniers vrais hommes d'état du Québec.

Friday, 30 October 2015

Souvenir de 1995

Mes contemporains et mes compatriotes savent de quoi je blogue ce soir: le référendum de 1995. J'en ai un peu parlé lors de la mort de Jacques Parizeau.C'est son vingtième anniversaire du second référendum sur l'indépendance du Québec aujourd'hui. J'ai voté pour la première fois de ma vie au référendum de 1995. C'est aussi à peu près l'une des seules fois où j'ai voté avec enthousiasme et sans aucune espèce de résignation. En fait, il n'y a pas eu après cela une seule fois où j'ai voté et senti autant d'importance dans le geste, senti que mon vote avait une pareille signification. J'ai aussi vécu ce soir-là une défaite crève-coeur. Alors? Alors je doute que le Québec soit un jour indépendant, parfois j'ai même l'impression que l'Angleterre a plus de chance de devenir une république. Et je ne peux pas m'empêcher de trouver ça tragique.

Tuesday, 2 June 2015

Je me souviens de lui au cégep en 1995

Choc ce matin en lisant les nouvelles: Jacques Parizeau est décédé. J'ai un oncle qui est mort récemment, mais c'est la mort de Jacques Parizeau qui m'affecte le plus. Tant ses alliés que ses adversaires politiques lui ont rendu hommage, je vais tenter de le faire aussi ici sur mon blogue. Eux l'ont connu. Moi je l'ai vu, mais je n'ai même pas pu lui serrer la main. C'était à un moment historique de l'histoire du Québec, dans les dernières droites de la campagne référendaire de 1995. J'avais 18 ans, j'étudiais au cégep de Chicoutimi. Bastion nationaliste, même encore maintenant (bon an, mal an) la région du Saguenay l'était encore plus en 1995, surtout à ce moment précis. Survoltée, la place? Pas rien qu'un peu.

Enfin bref, ça faisait déjà quelques années que je suivais la politique avec un vif intérêt et j'éprouvais un grand respect pour Jacques Parizeau. Mon idée était faite depuis des quelques années: j'étais indépendantiste, je le suis d'ailleurs toujours. J'allais voter oui, mais au début de la campagne j'étais sans enthousiasme, pensant qu'on se dirigeait vers une défaite. Puis Lucien Bouchard est arrivé en scène, avec l'effet que l'on sait. Et puis la campagne a pris un tout autre tour. Donc, vers les derniers jours de la campagne, alors que tout est encore possible et que finalement on pense avoir une chance de gagner, Jacques Parizeau se pointe au cégep pour faire un discours sur l'heure du midi. Ca n'a duré que quelques minutes, mais c'était très intense. L'atrium était bondé, on pouvait à peine le voir. Parizeau n'a jamais été le tribun qu'était Lucien Bouchard, ni n'a eu cette manière de toucher les gens comme René Lévesque, mais il avait de l'enthousiasme et son public était réceptif, c'est le moins qu'on puisse dire. Je me rappelle assez peu du discours, sauf ce bout de phrase, lorsqu'il disait qu'on ne se séparait pas, qu'on ne partait pas, qu'on "reste chez nous". Je m'en rappelle encore. Le ton, la voix, avec juste assez d'émotion, pleine de fermeté et d'assurance. Aviez-vous peur des lendemains difficiles, advenant la victoire d'un Oui? Pas moi.

Alors voilà, c'est le souvenir le plus vivace que j'ai de Monsieur Jacques Parizeau et surtout le souvenir le plus personnel. Je n'ai pas toujours été d'accord avec lui, surtout pas dans les dernières années, mais j'ai toujours eu du respect pour lui. Il n'était peut-être pas un politicien très charismatique, ni même très habile, mais il était un grand homme d'état. J'aurais pu titrer mon billet un truc du genre, bien grandiloquent, mais celui-ci m'est venu naturellement et il me semble plus approprié.