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Friday, 13 March 2020

Citons Camus

"Quand une guerre éclate, les gens disent: Ca ne durera pas, c'est trop bête. Et sans doute une guerre est certainement trop bête, mais cela ne l'empêche pas de durer."

 Une citation bien entendu tirée de La Peste d'Albert Camus. J'en cherchais une qui résumerait bien ma façon de penser en ce moment. J'espère que "ça" ne durera pas trop (vous savez à quoi je fais allusion), mais je suis pessimiste de nature.

Wednesday, 17 July 2013

L'Exil et le Royaume

Non, je ne veux pas bloguer sur le recueil de nouvelles d'Albert Camus. Mon sujet est complètement différent, mais j'ai toujours aimé le titre et je songeais à l'utiliser comme titre de billet. Ce billet est en fait un de ceux commémorant le 175e anniversaire du SaguenayLac-St-Jean. Je viens de Chicoutimi, j'y ai grandi, j'ai passé les vingt premières années de ma vie là, j'ai également gardé l'accent du Saguenay. Comme beaucoup de Saguenéens, je me suis expatrié, d'abord pour les études, ensuite pour des raisons professionnelles, économiques et sentimentales. Je m'ennuie souvent de l'endroit, mais en même temps je me dis que je ne me reconnaîtrais plus vraiment dans ma région, à cause notamment d'un certain personnage public, que je ne nommerai pas ici. Je dis souvent que je suis un expatrié, mais l'expression exilé conviendrait peut-être mieux. On est loin du Royaume, on sent ses racines très vivaces, d'ailleurs les gens vous le rappellent, cela dit la vision du Saguenay que l'on a est déjà fausse, ou bien dépassée, ou alors on a changé et on ne se reconnait déjà plus dans la région telle qu'elle est maintenant. Peut-être qu'on en a un souvenir déformé par la nostalgie.

Ca arrive à bien des Bleuets, je crois: on quitte la région d'abord pour quelques années, en se promettant d'y retourner pour y vivre, et ensuite on se rend compte que le travail est ailleurs, qu'il faut quitter la région pour vraiment s'épanouir, ce qui est en soi une terrible découverte. "Chicoutimi, on en a vite fait le tour" m'a dit une fois un prof de philo de Montréal avec qui je prenais parfois un verre sur le Plateau (je l'ai déjà mentionné ici). Il avait enseigné à Chicoutimi au début de sa carrière. Cétait une observation un peu cruelle, mais c'est malheureusement vrai. Je me demande parfois si c'est la rivière Saguenay qui nous mène à l'exil: on a le goût de la suivre, de voyager, on la descend, puis on remonte le fleuve vers Montréal, finalement on se retrouve ailleurs et on se trouve un peu perdu. En même temps, je l'ai déjà dit sur Vraie Fiction, on n'est jamais autant Saguenéen que lorsqu'on est appelé comme tel par des gens hors de la région. Bleuet, c'est une étiquette donnée par d'autres.

Thursday, 27 June 2013

Un sophiste qui cite Camus (ad nauseam)

Mon plus jeune frère m'a fait découvrir via Facebook cet article d'opinion du Devoir, écrit par un certain Jérôme Courcier,banquier, également licencié en philosophie, qui affirme qu'Albert Camus se serait opposé au mariage de conjoints de même sexe, qui a eu droit à une opposition hystérique. J'avais parlé il y a quelques mois d'obscurantisme franchouillard. Il semblerait que l'obscurantisme soit aussi répandu chez les licenciés en philosophie. L'auteur en lance une bien bonne: "Certes, il ne s’est jamais directement exprimé sur ces questions « de société »,  mais il me semble qu’il aurait contesté à la réforme dite du « mariage pour tous » tant sa légitimité que son caractère nécessaire et progressiste, et ce, pour des raisons tant philosophiques que personnelles (il était orphelin de père)." Mon petit frère avait parlé de nécromancie, j'ai pensé que c'était plutôt un gros, gros, gros appel à l'autorité. Camus ne s'étant jamais prononcé sur la question, l'auteur utilise son nom pour faire passer ses jugements douteux. Même s'il s'était prononcé publiquement contre l'homosexualité, son opposition aurait alors été jugée selon la valeur intrinsèque de ses arguments. Et si Camus avait jamais utilisé les raisonnements fallacieux de Courcier, il aurait reçu une volée de bois vert bien mérité. Parce que Jérôme Courcier ne se contente pas de l'appel à l'autorité, il utilise un chapelet de sophismes: l'appel à l'émotion, l'argument de la pente savonneuse (comparant le mariage homosexuel à l'inceste, la pédophilie et la polygamie), etc. Mais c'est surtout un gros, et un grossier, appel à l'autorité. Et c'est minable pas à peu près.

Wednesday, 15 February 2012

Pink Floyd and Sisyphus

I am feeling quite tired these days, trying to deal with a jet lag that never really seems to dwindle and at work I feel a bit like Sisyphus (never a good sign).And well, for some obvious reason I had this Pink Floyd Song in the head when I got home. I had noticed it before: it does have allusion to the myth of Sisyphus, what with the rabbit catching the sun and digging holes repeatedly. With the other existentialist themes oftene xpressed in Pink Floyd's music and this piece in particular, I wonder if they read Camus or if it is just a coincidence. Anyway, this is my second post this week about a Memento Mori. A more profound, poetic one this time. A more beautiful too. Unlike me, Pink Floyd is ageless and immortal.

Monday, 25 July 2011

Fighting the darkness

I said yesterday that I wouldn't blog about it because I found it depressing, but I think I will anyway. Take it as a necessary catharsis. I have been reading the news about what happened in Norway. The Norwegian gunman (I will not dignify him by calling him by his name) had links with UK extremist groups, which is very depressing, especially since I am an immigrant here (albeit one that cannot be accused of Islamist sympathies). I don't believe in a plot and the evidence so far has been leading to the contrary, but I cannot help fearing contagion. John Kennedy, his brother Bob, Martin Luther King, they all died around the same time, in the same period, killed by fanatics with similar ideas, but whatever the conspirationists think the killers were not link together. They simply had the same disease. This is what I fear most: some dark, inner fire that will take over evil minds. I have been reading The Plague by Albert Camus. The evil in that story is a disease that is blind and relentless, killing without motives or anger, but the fear and suffering that it creates is the same.

I cannot stop being surprised at how similar fanatics are, whatever the labels they take. The gunman feared the Islamisation of Europe, yet he despised the same things as Islamists: democracy, freedom of consciousness, I would also say love. Love for fellow human beings, for compatriots at least, a love that was very concrete and not channelled into an abstraction (a God that has everything of Big Brother, a nation that is devoid of freedom). He killed the same people an Islamist terrorist would have chosen as targets. It is nearly as laughable as it is sickening.

I heard on the news that Norwegians were fighting the darkness these days. I thought that expression was fitting. This is what must be done. Show grief for the ones who died, admiration and commiseration for the people of Norway and trying to overcome our own darkness, not to fall into bitterness or despair. Which means, in my case, trying to blog on a lighter topic.

Wednesday, 20 July 2011

Et maintenant La Peste

Je vais bientôt terminer la lecture du roman policier. Comme il m'arrive parfois de vouloir lire un peu plus sérieux que ce que je lis d'habitude, j'ai décidé de me plonger dans la lecture de La Peste d'Albert Camus. Ce roman ou L'Étranger est le livre obligé de littérature française que l'on met sous les yeux du cégépien québécois, ce qui marque souvent le début de sa conversion vers l'athéisme. Pour moi, ça a été L'Étranger, en première année de cégep. Pour d'autres, comme Patrick Lagacé le raconte dans une chronique récente, ça a été La Peste. J'ai enseigné la littérature existentialiste française dans une autre vie, mais ô honte, je n'ai pas encore lu La Peste. Je compte corriger ce déplorable état de chose.