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Monday, 19 March 2012

La spiritualité d'un poulet

Je suis peut-être en retard dans les nouvelles, mais cette récente controverse sur le poulet abattu selon les règles religieuses de l'islam m'a bien sûr interpellé, peut-être pas tant la cotnroverse elle-même que l'odieux procès d'intention que certains on fait à propos de l'opposition qui s'est levée contre l'abattage halal. Tant André Pratte que Rima Elkouri ont évoqué l'extrême-droite française. Merci de vouloir calmer le débat et de ne démoniser personne. L'hystérie qu'Elkouri dénonce, je trouve qu'elle est un peu beaucoup dans son camp aussi.

La réaction/réponse de Pierre Foglia est de loin la plus intelligente et sensée. Enfin non: c'est la seule réponse intelligente et sensée dans tout ce débat absurde, motivé par une dévotion absurde. Je pose la même question que lui: peut-on trouver ça ridicule qu'un imam vienne tourner la tête d'un poulet vers La Mecque? Peut-on en rire librement? Je ne veux pas dire nommer les poulets Mahomet, je veux simplement dire, trouver ça franchement grotesque sans nous faire traiter de fascistes ou d'islamophobes. Ce n'est pas comme une organisation catholique qui veut guérir un adolescent de son homosexualité, mais c'est quand même con, s'inquiéter de la spiritualité d'un poulet.

Friday, 2 March 2012

Le commerce, l'éthique et le dictateur

Je commence mon vendredi par un billet très sérieux. C'est une controverse récente, mais qui a des racines qui datent de quelques années, issues d'une relation incestueuse entre un tyran et une entreprise québécoise. Vous devez vous douter que je parle de SNC-Lavalin et de Mouamar Kadhafi. La chronique de Sophie Cousineau ici, l'éditorial d'André Pratte . Ils sont trop prudents, trop gentils avec SNC-Lavalin. Même s'ils n'ont pas tenté de protéger un des héritiers du colonel, ils ont commis des fautes graves, impardonnables, ils ont pactisé avec le diable.

Il y a quelques années, en 2005 ou 2006, l'un des films Kadhafi, je ne me rappelle plus duquel, était de passage à Montréal. Son père avait repris ses rapports avec l'Occident, il était devenu soudainement l'ami des Américains dans leur guerre contre le terrorisme (il avait bien des défauts, mais il détestait les islamistes). SNC-Lavalin avait été d'une obséquiosité toute obscène, Jacques Lamarre disant même que Kadhafi était un grand démocrate. Ca m'avait mis en colère. Mais l'origine des malheurs de l'entreprise est là, dans cette absence totale d'éthique et de décence, dans cette grosse couche d'hypocrisie bien tartuffienne. Non seulement ils faisaient des affaires d'or avec un tyran, mais en plus ils clamaient haut et fort que c'était un démocrate. Il ne fallait pas en beurrer aussi épais.

Peut-être que SNC Lavalin n'a rien fait d'illégal, mais ils ont manqué à l'éthique et à la plus simple décence. Peut-être s'en remettront-ils. J'espère que non. J'espère qu'ils tomberont tête la première. Ils se sont après tout comportés comme de petits pégreux.

Sunday, 17 October 2010

Une question pour les admirateurs du Frère André

Je commence à en avoir soupé du manque d'esprit critique qui semble avoir pris une bonne partie du Québec quand on parle de la canonisation du Frère André. Seule Nathalie Petrowski semble avoir gardé un semblant de lucidité, c'est dire. Je peux comprendre qu'une population dévote, ignorante et superstitieuse ait cru aux miracles, mais j'aurais espéré qu'on ait montré un peu plus de scepticisme envers eux de nos jours, surtout s'ils sont aussi équivoques que la guérison de maux d'estomac. Enfin, les miracles du Frère André ont la cote au Québec, semble-t-il. Même André Pratte les regardait avec bienveillance il n'y a pas si longtemps. Alors je pose une question à tous ceux qui sont fiers d'avoir un saint québécois maintenant:

Pourquoi ne vide-t-on pas les urgences pour planter les malades à L'Oratoire Saint Joseph?

D'autant plus que l'oratoire est au moins aussi laid que la plupart de nos hôpitaux...

Tuesday, 22 June 2010

Une question au juge Dugré

Le juge Gérard Dugré a donné gain de cause à un collège catholique qui ne voulait pas enseigner les cours d'ECR. Je ne suis pas ung rand fan du programme, mais c'est un moindre mal à mon avis, cela dit je m'abstiendrai de commenter la nouvelle, n'en sachant pas assez sur la cause. Yves Boisvert commente le jugement ici, André Pratte est tout enthousiaste (surprise!) .

Donc, je ne commenterai pas le jugement lui-même, cela dit je tiens à poser une question ouverte au juge, lequel semble prendre très au sérieux la suprématie de Dieu, fondement de la Charte canadienne des droits. Ce n'était là sans doute qu'une allusion pour faire de l'effet, et oui c'est dans la Charte, cela dit c'est un fondement qui m'a toujours laissé profondément songeur. Ma question est la suivante: c'est quoi ça, la suprématie de Dieu?

Thursday, 8 April 2010

Ad hominem et non sequitur

Ce n'est pas parce que je suis en vacances que je ne suis plus l'actualité, surtout l'actualité québécoise, d'autant plus que je suis au Québec présentement. On ne s'en affranchit pas. Lysiane Gagnon a récemment fait des siennes (encore!) accusant les tenants de la laïcité de partir en croisade contre le voile de façon hystérique et d'être motivés pour des raisons racistes. Elle ne donne rien pour étayer ses accusations et ignore complaisamment que les tenants de la laïcité comme moi-même sont également hostiles aux fondamentalistes chrétiens. Il fallait s'y attendre: c'est plus facile de lancer des accusations à l'emporte-pièce et des comparaisons odieuses que de faire un argument intellectuellement honnête. Joseph Facal lui répond.

André Pratte s'en donne également à coeur joie aujourd'hui. Il utilise une autre sorte de logique fallacieuse: l'argument non sequitur. Que les immigrants aient de la difficulté à s'intégrer au marché du travail au Québec et que la majorité québécoise soit partiellement responsable de cet état de fait est au plus un élément très périphérique du débat sur la laïcité au Québec. Celle-ci est attaquée par des fondamentalistes de souche. Qu'il y ait plus ou moins d'immigrants sur le marché du travail ne changera rien au coeur du débat: la nature neutre et areligieuse de l'espace public, la nécessité d'être tous égaux devant la loi, etc.

Thursday, 25 March 2010

Le gros bon sens?

Michèle Ouimet chronique aujourd'hui sur les nouvelles mesures du gouvernement Charest concernant les accomodements raisonnables. Elle a des réserves, mais titre son article "Enfin, le gros bon sens". Il aurait dû s'appeler "Le moins qu'ils puissent faire". Je suis content qu'on interdise le voile intégral dans les institutions publiques et je suis en profond désaccord avec Michèle Ouimet quand elle dit qu'il y aurait fallu des exceptions pour les cours de francisation, sous prétexte d'intégration. À ce degré-là d'intégrisme, l'intégration est impossible sans fermeté et rigueur de la part de la société d'accueil. Il semblerait que Michèle Ouimet ait accepté les niaiseries dévôtes de Naema. Déplorable. Cela dit, elle a raison de dire que l'interdit de symboles religieux devraient être amenés chez les juges et les policiers. Pour ma part, j'étendrais cela aux membres de la fonction publique et aux enseignants. On ne peut clamer que l'état est laïque et permettre à ses représentants de porter un signe religieux, quel qu'il soit. André Pratte croit que ça fait de moi un "tenant d'une laïcité pure et dure", je crois plutôt que c'est le signe de laïcité rigoureuse. Laisser un fonctionnaire porter un symbole religieux, c'est encourager tacitement une croyance.

Ah oui, et pas tout à fait dans le même ordre d'idées, mais un peu tout de même, je recommande la lecture de cet éditorial de Mario Roy sur le projet de loi irlandais sur le blasphème (je vous jure) et sur la résolution onusienne condamnant la "diffamation des religions". Ce sont de dangereux projetts qui cautionneront l'intégrisme religieux, tout en menaçant sérieusement la liberté d'expression. Ici aussi, le gros bon sens semble disparaître pour accommoder toutes le susceptibilités. Ici encore, la fermeté et la rigueur devraient être de mise.

Monday, 15 February 2010

Réponse d'un croisé

Je savais déjà que j'allais trouver ça pénible. J'avais donc raison: l'éditorial d'André pratte intitulé La croisade laïciste m'a joyeusement tapé sur les nerfs. Je ne suis pas le seul: Richard Martineau lui a lancé une réplique cinglante. Je lance ici ma propre réponse. Monsieur Pratte traite les gens comme moi de croisés, autant dire de fanatiques. Alors ça mérite une mise au point.

Ce n'est pas que des écoles religieuses aient décidé d'enseigner la religion de leur choix qui agace et scandalise ici: c'est qu'elle ait décidé pour ce faire de négliger l'enseignement des matières essentielles, même au vu et au su du gouvernement actuel, lequel finançait partiellement lesdites écoles. Quand il a voulu régulariser la situation, au lieu de mettre au pas les écoles qui étaient dans l'illégalité, il a décidé de chambarder la loi dans le silence le plus absolu sur ses raisons. Il y a là une poignée de raisons pour être en colère, de s'inquiéter de cette manière d'accomoder de manière absolue n'importe quel groupe ultra-religieux marginal, au détriment du bien commun. Surtout, surtout, quand il y a pareille apparence de conflit d'intérêté. Mais même si c'était un obscur regroupement ultra catholique qui voulait avoir ses privilèges, ça ne justifierait pas plus la décision aberrante du Ministère de l'éducation. Qu'ils fassent enseigner le programme du ministère, ou alors qu'ils cessent de payer. On peut toujours enseigner la religion de son choix en dehors des heures de cours. Cela, André Pratte ne semble pas le comprendre. Alors il traite les gens comme moi de croisés.

Il est vrai que l'éditorialiste de La Presse semble avoir découvert Dieu récemment. Je plaisante bien sûr. Cela dit, c'est drôle de voir à quel point la foi est immunisée par ses critiques. Même sous sa forme la plus superstitieuse...

Friday, 12 February 2010

Ca commence à me déprimer sérieusement

Je parle bien sûr du climat de religiosité qui souffle sur le Québec et risque de lui donner un sérieux rhume. Je pense en particulier, mais pas exclusivement, à la dernière controverse concernant des écoles confessionnelles juives orthodoxes et le gouvernement québécois, qui semblait (semble?) prêt pour les accommoder à chambarder le temps d'enseignement à la grandeur de la province... André Pratte n'y voit aucun problème sur le fond, seulement sur la manière dont ça (n')a (pas) été annoncé. Demain, son éditorial va s'appeler "La croisade laïciste". Ca promet. Je sens que je vais le trouver indigeste. Parce que je ne me suis jamais considéré comme un croisé, mais à ce rythme-là je pourrais le devenir.

Il y a également un groupe qui a écrit un Manifeste pour un Québec pluraliste, que je me promets de ne pas signer. Je commence à en avoir marre de l'attitude masochiste culpabilisante d'une certaine élite intellectuelle québécoise envers les religions, qu'elles soient maison ou d'importation. Christian Rioux écrit une réponse fort intelligente. Marie-Claude Lortie lance certaines questions pertinentes également. La réplique de Richard Martineau au manifeste frôle dangereusement l'attaque ad hominem, mais elle lève le voile sur l'attitude bonasse d'un des signataires envers un système de loi absurde et incompatible avec la société occidentale. Étrange comme il faudrait automatiquement mettre ses gants blancs quand quelqu'un se drape dans sa foi pour se soustraire aux règles de vie en société. Ca me met en colère, peu importe où ça se produit, mais à plus forte raison dans mon Québec natal, où la laïcité devrait être protégée sans ambiguité et surtout sans honte.

Monday, 21 September 2009

Manger ses bas

Tiens donc, André Pratte change d'avis (un peu) sur la controverse entourant la elcture du Manifeste du FLQ. Il dit même que le Moulin a fait oeuvre utile. On pourrait dire qu'il changé son fusil d'épaule, moi je pense plutôt qu'il s'est rendu compte qu'il avait mangé ses bas. Il va même jusqu'à dire que Sam hamad a dénoncé le Moulin de manière maladroite. Il faut quand même être culotté. Maladroit? Accuser ses adversaires politiques de sympathiser avec des terroristes, c'était en fait de la pure diffamation. Diffamation que Pratte n'a jamais vraiment condamné. Enfin, Patrick Lagacé m'a redonné aujourd'hui une autre raison de ne pas porter le ministre dans mon coeur.